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24.06.2008
les choses de la vie
Il faisait beau pour un 24 décembre et même un peu chaud. Pourtant, je n’étais pas spécialement de bonne humeur. Il faut dire que je n’ai jamais aimé les fêtes. Je considère que je ne n’ai pas grand-chose à fêter, ni même personne avec qui le fêtait.
Au moment où j’ai reculé, j’ai senti un choc. Une pierre ai-je pensé. Par acquis de conscience , je me suis retourné. Dans la cour, mon chien se tortillait bizarrement , comme si chacune des deux moitiés de son corps agissait indépendamment l’une de l’autre. C’était assez étrange à voir. Evidemment, je l’avais écrasé. Cela ne faisait guère de doute. Il continuait à s’agiter , progressant à chaque soubresaut de quelques centimètres. Le temps que j’arrive jusqu’à lui il avait bien parcouru un mètre. Il s’arrêta. La langue hors de la bouche , les yeux voilés, comme ceux d’un chien aveugle, il respirait encore. Il n’y avait pas grand-chose à faire. Contrairement à ce que j’avais d’abord pensé, il était tout à fait inutile de l’emmener chez le vétérinaire. Je songeais un instant, assez ennuyé, que j’allais peut-être devoir l’achever . Un coup de fusil peut-être ? Cela ferait du bruit mais c’était encore le plus humain. Seulement, je n’avais pas les clefs du placard sur moi. Il allait falloir les retrouver. Ce fut inutile de toute façon. Le chien ne respirait plus. Du doigt, j’agitai sa tête. Aucune réaction. Par curiosité , je tentai de localiser l’endroit où son corps avait rompu, cassé en deux par les quintaux de la voiture. Je ne trouvai pas. Je restais un moment à le fixer, fasciné comme un gosse qui a trouvé une charogne. D’ailleurs c’était un peu ça, une charogne.
De toute manière, ça valait mieux, pour lui et pour moi. Il se faisait vieux, presque aveugle. Il puait et la merde s’attachait aux poils de son cul. Depuis quelque temps, il ne dormait plus à l’intérieur, car il souillait tout. En somme, pour lui comme pour moi c’était un soulagement.
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