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17.06.2008
sur les chemins de terre
Il faisait chaud et j’avais mal à la tête. La bagnole puait la vinasse. Je ne devais pas sentir meilleur. Sur le siège côté passager , une bouteille de Jurançon à moitié renversée. Tout s’expliquait. Hier soir, avant de m’endormir ou de tomber dans le coma, j‘avais embouti le figuier du père Vignole. Nom de Dieu , j’étais un minable. A l’autre bout de la planète, le nez plein de coke, Bret Easton Ellis explosait des Ferraris du côté de Beverly Hills et moi, qu’est-ce j’avais ? Une vieille 404 dans un figuier. Je n’étais pas à la hauteur.
Il fallait que je quitte ce chemin. Les chemins de terre , bien pratique pour échapper aux contrôles quand on rentre bourré, mais il faut se méfier des figuiers. Des vicieux, bien planqués sur le côté de la route et qui n’attendent qu’une chose, vous foncer dessus pour s’encastrer dans votre bagnole.
Je reculai doucement . Sur le pare-Brise , quelques figues écrasées me donnaient l’illusion d’un accident grave , un de ceux où quelqu’un vient se fracasser à l’avant de la bagnole pour y répandre quelques organes internes. J’enclenchai la première et commençai à rouler. Quelques branches encore prises dans mon pare choc donnaient à ma voiture l’air d’un char de triomphe.
Et c’est ainsi que, accompagné des premiers rayons de l’aube et couronné de figuiers, j’entamai mon voyage glorieux vers le centre du village.
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